Film de Gilles Grangier (1960)
Avec Jean Gabin, Pierre Fresnay, Noël-Noël, Yvonne Monlaur
Dialogues Michel Audiard
D’après le roman La Vieille Dame de Bayeux de René Fallet
Musique Jean Yatove
Montage Jacqueline Sadoul
Résumé
Dans un village du Bourbonnais, trois vieux compères — Baptiste, Jean-Marie et Blaise — décident de quitter leur routine campagnarde pour entrer ensemble à la maison de retraite de Gouyette. Leur réputation de fortes têtes les précède, et leur arrivée déclenche une série de situations aussi cocasses que révélatrices. Entre mauvaise foi, coups de gueule, amitié indéfectible et résistance farouche à l’ordre établi, ces « vieux de la vieille » bousculent joyeusement les habitudes du village et de l’institution qui les accueille.
Ce qui fait la force du film
Les Vieux de la vieille repose d’abord sur la puissance comique et humaine de son trio d’acteurs. Gabin, Fresnay et Noël-Noël composent trois figures rurales aussi truculentes qu’attachantes, portées par les dialogues ciselés d’Audiard, où la gouaille se mêle à une tendresse pudique.
Le film déploie un réalisme rural chaleureux, loin de toute caricature. Grangier filme la France paysanne avec précision, humour et une pointe de nostalgie. Les paysages, les intérieurs, les gestes du quotidien deviennent le décor d’une comédie profondément humaine, où l’humour naît autant des situations que des caractères.
La mise en scène, discrète mais efficace, laisse toute la place au rythme des échanges, aux silences éloquents, aux regards entendus. Le montage accompagne cette fluidité, donnant au film une allure de balade champêtre ponctuée de saillies verbales.
Thèmes abordés
- Vieillesse et dignité : trois hommes qui veulent rester maîtres de leur vie.
- Amitié masculine : une solidarité rugueuse, faite de chamailleries et de fidélité.
- France rurale d’après-guerre : traditions, lente modernisation, institutions dépassées.
- Liberté individuelle : refuser qu’on dicte sa conduite, même sous couvert de bienveillance.
Pour qui ?
Pour celles et ceux qui aiment les comédies françaises à l’ancienne, portées par des dialogues savoureux et des personnages hauts en couleur. Pour les amateurs de films qui scrutent la vie rurale avec humour et humanité. Pour les spectateurs sensibles aux œuvres où la parole — gouailleuse, tendre, parfois féroce — devient un véritable moteur dramatique. Et pour tous ceux qui veulent retrouver un cinéma populaire, chaleureux, où l’on rit autant qu’on observe la condition humaine.
Votre serviteur, Lorenzo Garnieri

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