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lundi 9 mars 2026

Les Fables de l'Humpur

 

Auteur : Pierre Bordage

Année de parution : 1995

Genre : Science-fantasy / roman d’anticipation

Éditeur : L’Atalante

L’auteur

Pierre Bordage (né en 1955) est l’une des grandes voix de la science-fiction française contemporaine. Connu pour ses sagas épiques (Les Guerriers du Silence, Wang), il mêle aventure, spiritualité et critique sociale dans une langue riche et imagée. Son œuvre explore souvent la frontière entre le mythe et la science.

Son roman, "Les fables de l'Humpur", a reçu en 2000 le grand prix Paul-Féval de littérature populaire décerné par la Société des gens de lettres. Il a également reçu le prix Imaginales des lycéens en 2005.

Résumé

Dans un futur lointain où le monde est en pleine régression, des créatures mi-humaines mi-animales vivent sous la loi de “l’Humpur”. Dégoûté par les rites bestiaux de sa tribu, Véhir, un jeune grogne, décide de fuir cet ordre figé et part dans le grand centre afin d'y trouver les derniers dieux humains dans une odyssée initiatique, pleine de découvertes et d'interrogations.

À lire pour

Plus qu'un roman, "Les Fables de l'Humpur" est une parabole humaniste qui met en scène des créatures hybrides de différentes espèces au langage abâtardi et adapté à son royaume. Outre ses thèmes de tolérance, de transmission et des fondements d'une civilisation, le roman questionne aussi sur la peur de l’autre, la mémoire collective et le poids des mythes dans un texte foisonnant et accessible, porté par une écriture vivante, parfois drôle, souvent lyrique mais aussi cruel.

Votre serviteur Lorenzo Garnieri

jeudi 11 août 2016

DUNE

Peut-on comparer le film au roman ? De prime abord, je dirais non. Un roman est beaucoup plus détaillé, plus fourni qu'un film. D'ailleurs, il n'y a rien de plus qui m'énerve que d'entendre "Oh ! le roman est beaucoup mieux." Bien évidemment. Ce sont deux matières différentes. Le roman est la réflexion personnelle d'un auteur. Le film est un projet commun, un travail d'équipe sous la direction d'un réalisateur et bien entendu la supervision d'un producteur. Bien entendu, l'éditeur va reprendre le rôle de supervision, mais ce rôle est beaucoup moins oppressant. Ce sont deux métiers différents.


Revenons au sujet. Même si les deux sont incomparables, le film ne cesse de rappeler des éléments du roman d'Herbert qui, rappelons-le, a supervisé le film de David Lynch. Et cette analogie entre le livre et le film est le principal point faible du film. Déjà que celui-ci a mal vieilli, pire que les effets spéciaux ne sont pas géniaux, même pour l'époque (Star Wars et Blade Runner sont passés avant quand même). Et ne parlons pas de la narration... Ah bah non, on va en parler quand-même c'est elle qui casse le film.
 
Alors, je rassure le lecteur de ce billet : je ne cherche pas à casser le film. Au contraire, je cherche à le défendre, surtout quand j'entend que tout le monde fantasme sur la version avortée de Jodorowski oubliant que l'artiste chilien est un très mauvais réalisateur. Car oui, Dune aurait dû être le film de référence dans la Science-Fiction.


Seulement, voilà. Voulant faire du fan-service avant l'heure, Lynch s'est lamentablement planté. Il a tiré du livre tout ce qui le ralentissait à commencer par les pensées des personnages qui lèvent toute empathie, et signe une narration déplorable. Heureusement que les acteurs sont très bons, sinon "Dune" ne serait pas considéré comme un nanar mais comme un véritable navet. Mais nous y reviendrons plus tard.

Là, où Lynch s'est surpassé dans l'art de la confusion est qu'il oublie très souvent l'esprit du livre. A commencer par les ordinateurs qui sont remplacés par les "Mentats", hommes conditionnés à être de véritables logiciels humains. Certes, un film n'est pas tenu de suivre le roman, je veux pour exemple Tom Bombadil dans "le Seigneur des Anneaux" mais quand un film reprend le côté psychédélique et new-âge d'un roman, il faut qu'il assume jusqu'au bout. Bon, ne parlons pas de l'absence de capes chez les Fremens, (là ok, je chipote), de la "polygamie" de Stilgar et celle imposée à Paul Muab-Dib (qui elle aurait pu être développée) ou encore le combat dans l'arène entre Feyd-Rautha (joué par Sting) contre des esclaves. 
 
 
Oui, ce sont des détails, et le syndrome Tom Bombadil tourne autour de mon clavier. Or, David Lynch persiste dans l'art de la dichotomie narrative et s'évertue à faire référence au livre tout en ne le respectant pas. Je parlais de la narration avec les pensées des personnages que Lynch a porté à l'écran et qui polluent le film, que penser des personnages ? Oui les acteurs sont bons ! Oui presque tous les personnages sont là ! Et c'est encore un problème. La présence de certains n'est plus justifié. Déjà que le livre lui-même rencontre ce problème avec certains passages (mais au fil du cycle on comprend leur présence). Je pense à Liet Kynes ou Gurney Halleck dont le rôle dans le film est négligeable. Leur présence saccade le film et l'on assiste à un défilement d'images et de personnages pour assurer le fan service. Marvel n'a rien inventé.

Cette adaptation est difficilement défendable. Surtout depuis un certain Peter Jackson. On l'a bien vu, l'intégrale du "Seigneur des Anneaux" fait 1200 pages et il a fallu 3 films de plus de 3 heures chacun pour l'adapter (et je ne parle pas des versions longues). Le premier tome de Dune fait 800 pages soit l'équivalent d'une trilogie à la Star Wars (soit 3 films de 2heures ou un diptyque de 3heures pour chacun).
 
Et pourtant, il y avait de très bonnes idées et de bonnes initiatives. Je ne sais pas ce qui a été voulu par DiLaurentis et ce qui a été voulu par Lynch. Parait-il que la Director's cut n'est pas mieux (mais au moins on voit Gurney Halleck jouer de la ballisette). D'ailleurs, non seulement je déteste l'expression Director's cut, mais pour moi un film quand il est tourné, il n'a pas à être changé. 
 
Les bonnes idées ? Les pustules et la perversité du Baron Harkonnen. Un excellent méchant dans l'histoire du cinéma. En règle générales, la caractérisation des Harkonnen est très subtile, très intéressante. D'ailleurs, Sting s'en sort pas mal en Feyd-Rautha. Le duel entre Paul et celui-ci est une très bonne scène qui aurait pu avoir plus d'intensité si l'on avait vu ce dernier à l'œuvre un peu plus tôt. Le roman relate un combat dans l'arène entre Feyd-Rautha et des gladiateurs, cette idée aurait pu être creusé et donner plus d'impact.
De même que les deux autres familles, à savoir les Corrinos et les Atréïdes drapés dans de somptueux costumes et donc la caractérisation est fidèle au livre.
 
 
 
"Dune" aurait pu être un meilleur film, une meilleure adaptation. Peut-être qu'un jour quelqu'un en fera un remake intéressant. Reste les livres que je ne saurai que trop vous conseiller et qui vous permettront de savoir pourquoi son adaptation a été un échec.

Et ne me parlez pas de Jodorowski.

Votre Serviteur

Lorenzo Garnieri

dimanche 10 avril 2016

Les Cantos d'Hypérion de Dan Simmons

Certainement l'une des plus grandes oeuvres de science-fiction. Une saga au-delà de l'espace et du temps. L'histoire même de la saga nous plonge dans le vide intersidéral. Sept voyageurs (un consul, une détective, un templier, un érudit affublé d'un nourrisson, un poète, un prêtre et un colonel) doivent se rendre sur la planète Hypérion pour effectuer un pèlerinage sur le site des tombeaux du temps, où règne le terrible et mythique Gritche, créature mythique du futur qui progresse dans le temps inversé. En somme, son futur est le passé et son passé sera son futur. 
Les Cantos d'Hypérion débutent par le premier volet, Hypérion, où les sept voyageurs se sachant condamnés s'ils ne collaborent pas ensemble, vont livrer leurs motivations aux autres. Au-delà d'une simple histoire, c'est surtout le monde de Dan Simmons qui nous sera dépeint pour faciliter l'avancé de l'histoire dans "La chute d'Hypérion" dans lesquels l'action s'ouvre et l'intrigue s'intensifie.
Voici donc la base d'une véritable oeuvre métaphysique où Simmons nous brosse un univers futuriste nommé l'Hegire, constitué d'un vaste réseau distran où l'on peut voyager d'un monde à l'autre sans déficit de temps, comme dans Stargate qui s'est amplement inspiré d'Hypérion pour sa porte des étoiles. Un univers où la Terre a disparu, avalée par un trou noir, un univers en proie à la guerre contre les Extros, des humains qui ont mutés dans l'espace, et où l'Intelligence Artificielle est en passe de devenir la nouvelle espèce dominante. 
Mais c'est surtout la notion de temps qui est mis à mal par Simmons, où le temps inversé et le temps réel vont s'entre-croiser tandis que l'humanité doit faire un choix entre disparaître sous l'opulence, la facilité, le confort, ou survivre dans l'anarchie et la renonciation.   
Sans trop en dévoiler, Simmons est doté d'une écriture inventive et captivante, mêlant le suspens, l'émotion et la réflexion. Le lecteur n'est pas dupé, voir même libre, libre d'imaginer la configuration de cet univers, libre de s'imaginer ses personnages. 


Autre force d'Hypérion : son rythme. Je n'ai jamais vu une alternance de rythme aussi bien gérer dans un livre. Tantôt calme pour placer le récit et son avancée, tantôt effréné. Parfois j'avais l'impression de voir un film de Nolan (je pense à Inception) alors que je lisais un livre de Science Fiction. Notons aussi d'innombrables allusions aux poète John Keats, poète anglais du 18ème siècle et auteur du recueil Endymion.  
D'ailleurs, ce n'est pas une surprise de voir la suite de la saga "Les Voyages d'Endymion" écrite en 1997. Je dois avouer que j'ai moins aimé mais "Endymion" et "l'Eveil d'Endymion" restent tout de même d'incroyables romans de par leurs fausses pistes et leurs transversalités avec Hypérion. 

Il ne vous reste plus qu'à découvrir cette saga addictive commencée en 1989, où le temps et l'espace ne sont plus qu'un concept et où nos perceptions de l'espace-temps sont mises à mal.

Votre serviteur

Lorenzo Garnieri.

mardi 5 avril 2016

Les Maîtres du Temps

Fan de bd et de science fiction je ne peux que vous que vous recommander ce dessin animé dont la réalisation est signée Renée Laloux et les dessins par le maître Moebius.
Très années 80, cette adaptation de "l'Orphelin de Perdide", roman de Stefa Wul, nous raconte l'histoire de Piel, petit orphelin perdu sur la planète Perdide suite au décès de son père et qui doit survivre dans un territoire hostile en attendant l'arrivée des secours.
La première fois  que j'ai vu "Les Maîtres du temps" je devais avoir 7 ou 8 ans. A l'époque ce fut une claque magistrale, aussi bien visuelle que scénaristique. Et c'est toujours avec plaisir mais non sans une pointe de nostalgie que je revois cette oeuvre de l'animation française, puisque produite par TF1 et Télécip (racheté depuis par Telfrance en 1993)  
Seul bémol : le titre, où l'on passe plus de temps à chercher les maîtres du temps qu'à comprendre l'histoire. Donc si vous regardez cet animé, dites-vous bien que vous visualisez "L'orphelin de Perdide"
"Les maîtres du temps" relatent les aventures d'un jeune orphelin qui livré à lui même sur la planète Perdide attend qu'un ami de son pére vienne a son secours.
Esthétiquement, l'animé a certes un peu vieilli mais a le mérite d'être vu au moins une fois :
- Pour son histoire à la fois drôle et mélancolique (et stop, je m'arrête là), 
- Pour ses personnages dont certains sont attachants comment Piel, le petit garçon, On encore Silbad, le vieux baroudeur
- Son esthétique et ses dessins signés Moebius, (je pense surtout au design des hommes-oiseaux et aux créatures de la forêt des Dolongues), 
- Mais c'est surtout sa vision de l'espace temps et ses interrogations sur le paradoxe temporel, les secrets de l'univers et surtout le lien entre science et mysticisme. Car c'est là la réussite de ce dessin animé, c'est de jouer progressivement avec notre perception de l'univers. Lentement, mais sûrement, Laloux et Moebius (par le biais de l'écriture de Stefan Wul) brouillent nos sens et notre compréhension au fur et à mesure que nos héros s'enfoncent dans les confins de l'univers pour sauver l'enfant... Mais je n'en dis pas plus car je ne veux rien dévoiler.
Enfin, je ne peux que conseiller "Les maîtres du temps", par nostalgie pour ceux comme moi qui l'on découvert en 1981, et par curiosité pour ceux qui sont né plus tard.
"Les maîtres du temps", un animé de maîtres (Laloux-Moebius-Wul) pour un public passionné d'espace temps, de BD et de philo-mystique

Votre serviteur
Lorenzo Garnieri




mardi 18 septembre 2012

No(r)way of life

"Et si le paradis était un enfer ?"
On connait mal le cinéma nordique, et pourtant il y a quelques bijoux.
No(r)way of life en est un modèle du genre. Complètement, décalé, loufoque même, Jens Lien nous peint une belle satyre sur son pays : la Norvège (et de notre société en général qui en prend la direction), dans un film digne de Terry Giliam (Brazil) voir même de 1984 de Georges Orwell.
L'histoire raconte les péripéties d'un homme, Andréas (joué par Trond Fausa Aurvag, méconnu hélas) qui arrive dans une ville où tout est parfait : les gens sont très accueillant, amicaux, il a un très bel appartement, un bon travail où tout se passe bien, seulement tout est trop beau et cache quelques vices. En effet, le vin ne saoule pas, la nourriture n'a pas de goût et les gens n'ont aucune émotion apparente. Bien vite il va découvrir que ce paradis n'est qu'un enfer.
No(r)way of life possède quelques scènes cultes, si je peux me permettre, qui ne laissent pas le spectateur de marbre... mais là, à vous de découvrir
Quoi qu'il en soit, l'effet est efficace.
A noter que No(r)way of life a été primé et couronné lors du festival de Gérardmer 2007, a remporté le prix Acid lors du festival de Cannes (2006) et adulé par la presse Norvégienne, et on le comprend.
Néanmoins, si vous allez en Norvège, ne vous inquiétez, la vie n'est pas comme le dépeint Jens Lien (enfin,... je crois)

Votre Serviteur
Lorenzo Garnieri

No(r)way of life
de Jens Lien
Scénario Pier Shanning
Avec Trond Fausa Aurvag

No(r)way of life