Affichage des articles dont le libellé est français. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est français. Afficher tous les articles

mardi 10 février 2026

Les Vieux de la Vieille


Film de Gilles Grangier (1960)

Avec Jean Gabin, Pierre Fresnay, Noël-Noël, Yvonne Monlaur

Dialogues Michel Audiard

D’après le roman La Vieille Dame de Bayeux de René Fallet

Musique Jean Yatove

Montage Jacqueline Sadoul

Résumé

Dans un village du Bourbonnais, trois vieux compères — Baptiste, Jean-Marie et Blaise — décident de quitter leur routine campagnarde pour entrer ensemble à la maison de retraite de Gouyette. Leur réputation de fortes têtes les précède, et leur arrivée déclenche une série de situations aussi cocasses que révélatrices. Entre mauvaise foi, coups de gueule, amitié indéfectible et résistance farouche à l’ordre établi, ces « vieux de la vieille » bousculent joyeusement les habitudes du village et de l’institution qui les accueille.

Ce qui fait la force du film

Les Vieux de la vieille repose d’abord sur la puissance comique et humaine de son trio d’acteurs. Gabin, Fresnay et Noël-Noël composent trois figures rurales aussi truculentes qu’attachantes, portées par les dialogues ciselés d’Audiard, où la gouaille se mêle à une tendresse pudique.

Le film déploie un réalisme rural chaleureux, loin de toute caricature. Grangier filme la France paysanne avec précision, humour et une pointe de nostalgie. Les paysages, les intérieurs, les gestes du quotidien deviennent le décor d’une comédie profondément humaine, où l’humour naît autant des situations que des caractères.

La mise en scène, discrète mais efficace, laisse toute la place au rythme des échanges, aux silences éloquents, aux regards entendus. Le montage accompagne cette fluidité, donnant au film une allure de balade champêtre ponctuée de saillies verbales.

Thèmes abordés

  • Vieillesse et dignité : trois hommes qui veulent rester maîtres de leur vie.
  • Amitié masculine : une solidarité rugueuse, faite de chamailleries et de fidélité.
  • France rurale d’après-guerre : traditions, lente modernisation, institutions dépassées.
  • Liberté individuelle : refuser qu’on dicte sa conduite, même sous couvert de bienveillance.

Pour qui ?

Pour celles et ceux qui aiment les comédies françaises à l’ancienne, portées par des dialogues savoureux et des personnages hauts en couleur. Pour les amateurs de films qui scrutent la vie rurale avec humour et humanité. Pour les spectateurs sensibles aux œuvres où la parole — gouailleuse, tendre, parfois féroce — devient un véritable moteur dramatique. Et pour tous ceux qui veulent retrouver un cinéma populaire, chaleureux, où l’on rit autant qu’on observe la condition humaine.


Votre serviteur, Lorenzo Garnieri

vendredi 18 janvier 2013

Le Président (1961)



Si je dois donner une liste de mes réalisateurs préférés et que j'estime être les meilleurs, c'est d'office que je placerais Henri Verneuil. Pourquoi ? Il suffit juste de regarder sa filmographie : "Un Singe en Hiver", "Le clan des Siciliens", "Mayrig", et tant d'autres encore. Sans oublier sa collaboration avec ce qui ce faisait de mieux à l'époque : Michel Audiard a signé la majorité de ses dialogues, et il met brillamment en scène Jean Gabin, Lino Ventura, Bernard Blier ou encore des petits "jeunes" comme Jean-Paul Belmondo ou Alain Delon.
Et lorsqu'il s'attaque à la politique, Henri Verneuil sait se montrer, encore une fois incisif et prend parti sans état d'âme dans ce film mêlant complot, intrigue et dénonciation.

L'histoire :

Ancien président du conseil, Emile Beaufort vit une retraite paisible où il rédige ses mémoires avec l'aide de sa secrétaire Mlle Millerand. Il apprend que son ancien chef de cabinet, Chalamont, a de fortes chances d'être désigné comme président de la république.
(Il est important de préciser que le film remonte à 1961 et qu'à l'époque, le suffrage universel directe n'existait pas encore. Il sera été voté par référendum et approuvé par Charles de Gaulle en 1962.)
Redoutant une prise de pouvoir par les grandes financières du pays, Emile Beaufort se replonge quinze ans en arrière, lors de la fin de sa vie politique, dans une époque où l'Europe n'existait pas encore, mais dont les politiciens du passé (et du présent) s'évertuaient à nous faire passer d'un rêve humaniste à une chimère financière afin de satisfaire leur intérêts personnels plutôt que l'intérêt du peuple.

Pourquoi le (re)découvrir :

Pour Jean Gabin, magistral, encore une fois, en vieux président au verbe parfais, interprétant les mots de Michel Audiard avec son charisme et son talent naturel, jouant ces vieilles bêtes blessées mais jamais vaincues. Son intelligence de jeu, sa gouaille, sa implication et sa générosité nous livre un Président Beaufort à la fois solide mais vulnérable, savant mélange d'Aristide Briand et de Georges Clémenceau., devant se battre devant ses adversaires mais aussi contre les membres de son parti.
A noter aussi son intrigue politique encore d'actualité aujourd'hui dans un contexte de crise financière, causant l'anxiété, et l'intérêt aussi, des économistes et politiques d'autrefois. Pourtant nous n'étions qu'en 1961 et nous n'avions pas encore connu la crise pétrolière à cette époque, néanmoins, à l'époque certains voyaient déjà les prémices de la crise actuelle. Il est important de souligner que la France était en pleine guerre d'Algérie et lutter pour maintenir ses colonies, allusion fortement bien traduite par le monologue de Jean Gabin lors de son discours à l'Assemblée Natonale.
Enfin, il ne faut pas oublier la prestation de Bernard Blier, majestueux en Chalamont, nous montrant qu'il était un très grand tragédien aussi.

Oui, parce qu'il était visionnaire en son temps, "le Président" est un film à (re)découvrir absolument.

Votre Serviteur Lorenzo Garnieri


Fiche technique : 

Réalisation par Henri Verneuil
Dialogues de Michel Audiard
D'après le roman de George Simenon
Muisque de Maurice Jarre - Ouverture : le Vaisseau Fantôme de Richard Wagner
Avec
Jean Gabin : Le président Emile Beaufort
Bertrand Blier : Philippe Chalamont
Renée Faure : Mme Millerand
Henri Crémieux : Antoine Monteil, ministre des finances